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AERE, Association Environnement Reignier-Esery

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LE POINT SUR LES REALISATIONS COMMUNALES EN MOBILITES DOUCES

Publié le 12 Février 2026 par aere74930

 

Les promesses électorales de l’équipe aux manettes à Reignier-Esery et à la Communauté de Communes Arve-Salève ont-elles été tenues?

A-t-elle décroché les fameuses subventions qu’elle s’était engagée à aller chercher? Il semble que non, puisque seule une partie de la Grand-rue, actuellement en travaux, sera réellement remaniée et les "20 kilomètres de pistes cyclables" promis se font toujours désirer. 

 

 

Rappel des faits: l’AERE avait publié en 2020 un Plan-vélo1) afin de faire connaître les propositions des cyclistes et piétons pour un meilleur partage de l’espace public avec les automobilistes. Nous avons pu discuter avec certains élus, voir des plans avant réalisation et demander quelques modifications. L’AERE a également participé à la concertation sur la Grand-rue, organisée par la mairie en 2023. En toile de fond de nos suggestions, l’urgente nécessité de favoriser les modes doux si nous voulions avoir le moindre espoir de réduire nos émissions carbone, que ce soit localement ou globalement, selon la teneur des rapports du GIEC. Bref, nous pensons avoir joué le jeu, sans succès.

 

Rue de la Ravoire

RUE DE LA RAVOIRE

A notre connaisance, le seul accomplissement pour les modes doux sont les 320 mètres de piste cyclable rue de la Ravoire. Ce projet est hérité des mandats précédents et il est bien isolé puisque raccordé à aucun espace cyclable (en réalité, ce chantier était dû à de nécessaires travaux de canalisations d’eau).

 

 

RUES DES ECOLES ET DU MARCHE

Si quelque chose a été fait pour ces rues difficiles dont la Mairie parle depuis plus de dix ans, reste à voir si c’est une réussite.

 

La rue des Ecoles est appelée à évoluer encore, après la réfection de la Grand-rue. Heureusement, car la situation actuelle est très dissuasive pour les cyclistes, principalement à cause des deux cisaillements où ils doivent changer de côté de la route, une manoeuvre périlleuse. D’autant qu’elle n’est signalée que par de timides pictogrammes, alors que la vulnérabilité des cyclistes commanderait de peindre le tracé en vert.

Si le principe-même de cisaillement est critiqué par le CEREMA2), c’est probablement parce qu’il n’est pas bon! Les cyclistes cherchent légitimement à optimiser leurs parcours, tout comme le font les automobilistes. Leur faire faire toutes sortes de détours n’est tout simplement pas réaliste et le fait d’imposer ce dispositif, même pour une durée limitée, n’est pas un bon signe.

 

Relevons également la bande cyclable sous-dimensionnée et contraire aux normes, de la rue du Marché. Bonne chance pour bifurquer ensuite dans la Grand-rue.

 

Quelle stratégie?

Au détriment de la mairie, il faut admettre que les aménagements urbains sont tributaires de facteurs qui freinent puissamment les projets: contraintes foncières, gestion des tuyauteries en sous-sol par différents organismes, difficulté d’obtenir des subsides, et l’impressionnant morcellement des compétences. Par exemple, la liberté d’agir sur une rue communale peut s’arrêter au panneau de sortie de ville et à certains giratoires, qui sont gérés par le Département 3). Pour peu que celui-ci n’ait pas les mêmes objectifs au même moment, le maire risque de voir son projet attendre plusieurs années.

 

Si la mairie avait aménagé les seules routes communales, en pointillé bleu

 

 

Ces arguments sont systématiquement invoqués par la mairie pour expliquer la situation. Mais sont-ils réellement explicatifs? Comment se fait-il que d’autres communes présentent des aménagements cyclables malgré tout? N’y avait-il pas de « plan B »? pourquoi Reignier-Esery s’est-elle obstinée sur des projets ambitieux, au lieu de se porter plus modestement sur les chaussées qu’elle maîtrise sans restreinte? Dans un premier temps, tracer des bandes cyclables sur les seules rues communales aurait donné, à peu de frais, un réseau intéressant pour les déplacements locaux, comme dans le schéma ci-dessus.

 

Un "chaussidou" ou voie centrale banalisée
Rue des Belosses à Gaillard

Peut-être pas assez accueillant pour des cyclistes débutants; il aurait tout de même représenté une étape importante et un encouragement pour le vélo, et aurait favorisé une première augmentation du nombre de cyclistes. On voit facilement, dans d’autres communes, des réalisations très satisfaisantes, comme ci-contre.

 

 

 

 

 

Et la Grand-rue?

Grand-rue est en pleine réfection et sera pourvue d’une piste à double-sens d’un seul côté de la rue, au niveau des piétons. L’AERE avait averti 4): une piste cyclable « unilatérale » dans un centre d’agglomération présente peu d’intérêt. Les cyclistes se dirigeant vers les commerces voudront sortir de cette piste pour bifurquer vers leurs achats et ils seront fatalement en conflit avec les piétons, qui ne font pas toujours attention aux marquages au sol. Quant aux cyclistes en transit, qui veulent juste traverser Reignier, ils peineront à slalomer entre piétons, arbres et mobilier urbain et préféreront souvent rester sur la chaussée. Il ne reste plus qu’à voir ce qu’il en sera à l’usage.

 

 

 

LES REALISATIONS INTERCOMMUNALES

 

Changeons de focale pour examiner ce qu’il en est de nos déplacements de plusieurs kilomètres. Un nombre croissant de pendulaires, lassés des bouchons sur des routes saturées ou heureux d’exercer leurs mollets, ont fait le pas de se rendre au travail à vélo malgré le manque d’infrastructures cyclables.

 

Le réseau intercommunal devrait ressembler à cela

C’est tout à leur honneur puisque les pédaleurs-euses prennent sur eux pour exercer cette activité physique, sans polluer. Ces personnes, que l’on voit maintenant toute l’année et par tous les temps, deviennent rapidement expertes des zones qu’elles parcourent. Plusieurs membres de l’AERE en font partie et leur regard de cyclistes n'est toujours pas suffisamment pris en compte.

 

L’interco était tenue de réaliser un « schéma structurant cyclable intercommunal » dès 2019. Pour y parvenir, les 8 communes d’Arve-Salève ont délégué leur compétence communale à Arve-Salève afin d’envisager les meilleurs tracés. Un bureau d’étude a été mandaté et quelques collaborateurs dédiés à cette tâche.

Il fallait aussi s’entendre avec les intercommunalités environnantes, principalement Annemasse-Agglo et Pays Rochois, pour que les tracés soient, chacun l’espère, continus.

 

L’AERE a aidé quelque peu au début du projet avec le contenu de son Plan-Vélo et en explorant sur place certains tracés, entre forêt et fourrés en pente raide. Pendant quatre années de cogitation, Arve-Salève a opéré des choix entre plusieurs variantes et le Schéma structurant est récemment passé à la phase des acquisitions foncières, pour permettre la réalisation des pistes.

 

Le parti fut pris de réaliser, pour des raisons de sécurité, un réseau cyclable en-dehors de la route. Ce qui est une bonne chose dans l’absolu mais cette ambition rend le projet plus incertain et en éloigne d’autant la concrétisation. Le prix des terrains à acquérir et le coût des réalisations de génie civil sera élevé. En effet, pour chaque cours d’eau à franchir, c’est une nouvelle passerelle qu’il faut créer, dont le montant varie généralement entre un et trois millions d’euros.

 

Comme pour le niveau communal, la quête de parcours continus se heurte à l’enchevêtrement des compétences avec le foncier privé ou les terrains gérés par le département. Ainsi en va-t-il du pont de Méran franchissant le Foron à la sortie de Reignier, et du franchissement du Viaison à Mornex. Le calendrier départemental n’est pas le même que celui d’Arve-Salève et les années passent vite…

 

La Comco se défend en arguant que seul un réseau en site-propre sera à même d’attirer un grand nombre de cyclistes, ce qui est juste en soi. Encore faut-il pouvoir le réaliser. Car nous ne vivons pas dans un monde linéaire où les budgets croissent sagement en l’absence de crises et de guerres. Son financement risque d’être incertain par les temps qui courent, puisque c’est typiquement dans ce genre de dépense que l’Etat coupe.

 

Une passerelle d’environ 130 m. enjamberait l’Arve à ce niveau… aérien. Reliant Arthaz et Mornex au niveau de l’ancienne gare, elle longerait le viaduc autoroutier puis l'autoroute jusqu'à Etrembières.➡

 

Le deuxième écueil nous ramène à la  délégation de compétences dont nous parlions plus haut, puisque d’après l’expert engagé par la Comco et que nous avons rencontré, la délégation de compétence n’a pris effet que pour l’étude du schéma cyclable et pas pour sa réalisation. Cela signifie que chaque commune devra réaliser les portions qui la concernent, ce qui risque d’en morceler l’aboutissement et l'on craint que les communes peu peuplées avec des kilomètres de route seront moins motivées pour avancer 5).

 

Absence de mesures à court-terme

Alors qu’Arve-Salève affiche l’avancement de ses schémas cyclables lors de diverses rencontres, qu’avons-nous vu de concret depuis quatre ans qu’ils y travaillent?

 

Rien, et c’est la troisième remarque que l’on doit formuler: le projet, qui se targue d’accueillir un jour des cyclistes en nombre, vogue depuis six ans dans les limbes administratifs pendant que les cyclistes actuels continuent de risquer leur vie chaque jour sur des routes totalement dépourvues d’aménagements pour les protéger.

 

Fondamentalement et s’il voit le jour, le projet intercommunal impliquera

un véritable changement dans la perception de nos déplacements. Etant donnée l’urgence climatique décrite par le GIEC, une telle mutation doit avoir lieu. Mais à ce niveau, il ne s’agit plus uniquement de projeter un réseau cyclable stricto sensu, mais aussi d’accompagner les citoyens pour le rendre compréhensible et désirable. Une telle mutation se prépare, avec des étapes. Les annonces pour après-demain, pour séduisantes qu’elles soient, ne suffisent pas.

 

La flèche rouge représente la même passerelle sensée relier Arthaz et Mornex. ➡

 

A notre sens, il faudrait d’abord amener le nombre de cyclistes actuels à grandir un tant soit peu au fil des ans, en montrant par des actes concrets qu’une dynamique est en marche. Il conviendrait de faire voir non-seulement aux cyclistes que l’on pense à leur sécurité, mais également habituer les automobilistes à l’augmentation du nombre de cyclistes sur la route. Car aujourd’hui nous partageons tous la chaussée et malgré de futures pistes en site propre, les cyclistes se retrouveront forcément à proximité d’automobiles, que ce soit pour rejoindre leur destination, quitter une piste, ou à certains carrefours. Il convient donc de partager un espace public où chacun doit avoir sa place. Ce partage de l’espace public reste une obligation pratique et démocratique fondamentale et le réflexe de ségrégation n’est pas la solution miracle.

 

A peu de frais et en attendant la réalisation du schéma structurant, il serait urgent de promouvoir le vélo en développant des bandes cyclables partout où cela est possible, et pas seulement là où ça ne dérange pas les automobilistes, comme c’est trop souvent le cas. Actuellement, diverses autorités invoquent le trafic automobile trop dense comme motif pour ne pas créer de bandes cyclables. Ce faisant, elles laissent les cyclistes sans aucune  protection!

 

Les parcours « structurants » sont conçus à partir de la gare de Reignier, mais à ce jour aucun marquage cyclable n’y est visible.➡

 

Nous, les cyclistes d’aujourd’hui pouvons finir aux urgences à l’hôpital 6), parce qu’un-e automobiliste distrait ne nous a pas accordé d’attention. Dès lors, les cyclistes ont de bonnes raisons d'être exigeants lorsqu’ils engagent leur vie dans un milieu routier encore beaucoup trop hostile 7). C’est un peu comme si l’on disait à une personne atteinte de cancer qu’on ne fera rien pour la soigner maintenant puisque les thérapies s’amélioreront dans huit ans… Le malade mérite des soins immédiats et pas des lendemains qui chantent.

 

 

 

AU-DELÀ D’ARVE-SALEVE

 

 

Comment pédaler en sécurité de Reignier-Esery à Annemasse ou Genève? Actuellement il n’existe aucune route aménagée pour ce faire, et il faut juste endosser un gilet fluo et prier pour que tout se passe bien.

Dans le cadre du « Grand-Genève », une série de Projets d’agglomération (PA) s’échelonne dans le temps, par tranches de quatre années, pour financer différents projets de mobilité comme des Parkings-relais, des lignes de bus à « haut niveau de service » et certains aménagements cyclables. Actuellement, les projets retenus pour le « PA-4 » sont sensés être en voie de réalisation et le PA-5 est en cours de discussion (mise en oeuvre 2028-2032) 8).

 

La montée du Viaison (D2) est courte mais dangereuse. Sauf erreur elle relève du Département et rien n’est est prévu pour les cyclistes dans ce passage obligé.➡

 

 

Comme la route D2 entre le pont du Vaison et Etrembières est un passage obligé et très fréquenté, il faudra bien qu’il soit aménagé un jour, même si Arve-Salève a prévu ses passerelles à l’écart du trafic (voir plus haut). C’est pourquoi l’AERE a participé début 2026 à une consultation sur le PA-6 et a demandé que cet aménagement soit pris en compte.

 

 

Cette nouvelle passerelle piétonne suscita bien des espoirs. Elle enjambe l’Arve vers le casino d'Annemasse mais débouche sur un chemin caillouteux et très pentu qui pourrait un jour rejoindre l’ancienne gare de Mornex. ➡

 

 

 

 

 

Entretemps, les com-com ont agi, de façon surprenante. Annemasse-Agglo a accompagné la réalisation d’une belle passerelle sur l’Arve, au niveau du casino. Sauf qu’actuellement cette passerelle n’est reliée à rien! Sa raison d’être, avons-nous appris, est d’y faire passer le tuyau d’eau que l’on aperçoit sur la photo… Bien sûr, elle servira à quelques promeneurs, mais on hallucine qu’une telle dépense soit faite sans plus de réflexion.

 

La présence de ce pont imposera désormais un éventuel futur tracé cyclable à travers la forêt et donc sans desservir les habitants d’Etrembières. Ou alors il sera un jour relié au viaduc longeant l’autoroute depuis Arthaz, forçant les usagers à prendre cet itinéraire détourné, alors que la D2 est plus directe et dessert de nombreux riverains.

 

🙄L’AERE fut invitée à l’inaugurer l’ouvrage. Nous avons répondu que nous viendrions à l’inauguration d’un parcours complet et pas d’une passerelle qui ne va nulle part.

 

 

On le voit, la situation du cyclisme pendulaire n’est pas rose. Il reste à espérer que nos élus nous montrent au plus vite que le vélo a sa place à Reignier-Esery. Pour les cyclistes d’aujourd’hui comme pour ceux de demain.

 

1) Disponible sur https://drive.google.com/file/d/1UZt3ESLNMqbXy2SHSI7nWW3CGphuYJNt/view

 

2) CEREMA Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l’aménagement www.cerema.fr

 

3) Le chemin du Château de Magny, qui pourrait être cyclable du jour au lendemain, débouche sur un giratoire départemental à la limite de Pers-Jussy, après la gare, ce qui en bloque la continuité.

 

4) https://aere-reignier-esery.over-blog.com/2023/04/la-grand-rue-de-reignier-cyclable-retour-de-l-aere-a-la-mairie.html

 

5) C’est malheureusement ce qui s’est passé pour le P.C.A.E.T, qui a suivi ce scénario. Le Plan Climat Air Environnement Territorial a été élaboré avec la

même délégation de compétences, charge ensuite à chacun de mettre en oeuvre une partie du projet dans sa commune. Partant d’un catalogue d’initiatives très prometteuses, ce projet s’est dilué et recombiné avec de nouvelles échéances (comme le « Projet de Territoire »), de sorte que l’on en voit pas de grands résultats et même les élus peinent à en décrire les effets concrets.

 

6) Les cyclistes sont plus vulnérables sur la route. https://www.cerema.fr/fr/actualites/velo-auvergne-rhone-alpes-quelle-accidentalite-mobilite

 

7) Précisons que tous les automobilistes ne sont pas hostiles envers les cyclistes; c’est même le contraire puisqu’un bon 95% d’entre eux-elles font des efforts visibles pour notre sécurité sur la route. Merci à tous ceux qui nous dépassent en respectant la distance légale d’un mètre cinquante hors-agglomération. Le problème est le manque de marquages rappelant aux distraits qu’un-e cycliste PEUT se trouver sur la route à tout instant et qu’il convient de s’adapter.

 

8) https://www.grand-geneve.org/projets-dagglomeration/

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K
Bravo. Tout est dit. Quand je pense à la passerelle sur l’arve derrière le casino, la comparaison qui me vient est celle d’un grand repas de fête, soigneusement préparé, mais servi sans assiettes ni couverts!
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S
Ni invitations lancées !
A
Ni convives! ;-)