Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
AERE, Association Environnement Reignier-Esery

Avec malice et esprit positif, nous agissons localement pour l'environnement: Pédibus, AMAP, autoconstruction de fours solaires, boîtes d'échanges de livres et objets, qualité de vie et questions de mobilité - Les solutions existent, rejoignez-nous !

Vélodrome: le Point

Publié le 9 Novembre 2022 par Aere 74930

L’organisation des championnats du monde de cyclisme en 2027 en Haute-Savoie ne fait aujourd'hui pas l’unanimité des habitants et de certains élus du territoire.
En effet, au-delà de l’intérêt que peut susciter une compétition d’envergure internationale pour les acteurs sportifs et économiques du département, les opposants estiment que l’investissement de 100 millions d’euros dans cette compétition (sans compter le risque de renchérissement et la participation de la Région Auvergne Rhône-Alpes et de l’Etat français), dont une grande partie pour la construction d’un vélodrome (pressenti aujourd'hui à Reignier-Esery) de taille olympique, est une dépense qui :
1.      ne répond pas aux attentes de la population haut-savoyarde,
2.      pourrait être investie dans l’aide à la personne, la protection de l’enfance, le handicap, l’éducation, les aménagements cyclables… ou dans des équipements et infrastructures qui, au-delà de l’événement, bénéficieront à l’ensemble de la population du territoire.
Ces quelques lignes vous permettront de mieux comprendre les enjeux autour de cette forte contestation et surtout les motifs de notre mobilisation.

 

 
 
Le 22 septembre dernier, la Haute-Savoie a obtenu l’organisation des championnats du monde de cyclisme en 2027. Championnats qui se tiendront dans un format élargi qui aura lieu tous les 4 ans et qui, d’après la FFC (Fédération Française de Cyclisme), sont « annoncés comme le 3ème événement sportif après la Coupe du Monde de football et les Jeux Olympiques d’été. »
 
 
Une candidature haut-savoyarde basée sur un mensonge
Accompagné d’un certain nombre d’élus, Martial Saddier (Président du Département et à l’initiative du projet) s’est d’ailleurs rendu à cette occasion en Australie pour l’officialisation de la candidature haut-savoyarde par les instances de l’UCI (Union Internationale de Cyclisme), alors même qu’il n’y avait aucune autre candidature : les Pays-Bas ont en effet annoncé leur retrait en 2021 (article en néerlandais du 2 juillet 2021de la fédération cycliste des Pays-Bas), jugeant l’organisation d’un tel événement bien trop élevée et avec un fort impact environnemental ! Cette soi-disant candidature des Pays-Bas n’est donc qu’une pure mascarade !
 
 
La construction d’un vélodrome très coûteux et dont on n’a pas besoin
Dans ce cadre, le Département s'est engagé à construire un vélodrome couvert, estimé grossièrement aujourd'hui entre 50 et 70 millions d'euros, mais dont le coût pourrait bien s’envoler compte tenu de la complexité de ce type d’ouvrage et du renchérissement du coût des matériaux. A ce stade, cet équipement est pressenti sur la commune de Reignier-Esery, sans précision sur le lieu exact d’implantation.
 
Martial Saddier, devant l’opposition à la construction de cette grosse infrastructure, propose aujourd'hui de construire un vélodrome démontable et convertible en complexe multi-activités sportif et culturel comprenant 10'000 places de spectateurs. Cette soudaine modification du projet a de quoi nous interpeler :
1.     Alors que le besoin d’un complexe multi-activités sportif et culturel de 10'000 places n’avait pas été identifié à ce stade, comment a-t-on soudainement besoin d’un tel équipement ?
2.     Si tel était le cas, ne serait-il pas mieux de l’implanter au cœur d’une agglomération (Annemasse ou Annecy) desservie en transports collectifs plutôt qu’en pleine campagne ?
3.     Quid de la desserte d’un tel équipement à la campagne et de la construction des parkings et des accès routiers, alors que la loi climat et résilience impose aux collectivités territoriales d’atteindre la neutralité en matière d’artificialisation des sols au niveau national en 2050 ?
A noter que le Département annonce la consommation de 18’000m² pour cet équipement (2,5 fois la taille d’un stade de football pour des matchs internationaux), sans la piste de BMX et de pumptrack (article du Dauphiné libéré du 30.09.2022), ni-même les accès et les parkings.
4.     Le montage et démontage des équipements liés au vélodrome n’est-elle pas une dépense inutile ?
5.    SURTOUT : ne pourrait-on pas utiliser un vélodrome existant ?
 
Cliquer sur l’image pour signer la pétition
 
 
100 millions d’euros permettraient à la Haute-Savoie de rattraper son important retard en matière d’aménagements cyclables 
Si l’idée d’organiser une compétition d’envergure internationale peut présenter un intérêt pour la Haute-Savoie (en tous cas sur le plan économique), la coûteuse construction d’un vélodrome dont les caractéristiques devront respecter des critères imposés par l’UCI a fait monter la grogne du monde associatif, de certains élus et d’une part croissante de la population.
En effet, au-delà des lourds impacts environnementaux d’un tel événement, cet immense vélodrome ne répond pas à une demande des clubs cyclistes départementaux et le budget (100 millions d’euros annoncés par le Département pour l’organisation des championnats) pourrait être alloué au déploiement d’un véritable réseau cyclable ou tout simplement pour répondre aux besoins criants non pourvus au niveau du handicap, de la protection de l'enfance, de l’éducation et même des aménagements cyclables.
 
A Reignier-Esery et sur Arve et Salève en général, nous sommes justement très en retard en matière d'aménagements cyclables ! Depuis de nombreuses années, l’AERE se bat pour le développement de pistes cyclables sur un territoire où la voiture individuelle règne en maitre. Le point en quelques chiffres :
-       A l’échelle de la Haute-Savoie, la situation n’est pas meilleure et nous sommes très loin du premier plan vélo du Conseil départemental qui, en 2000, prévoyait 300km d’itinéraires aménagés et sécurisés en 10 ans. En 2020, seuls 179km ont été réalisés (moins de 9km par an !), alors que 660km auraient pu être créés selon le rythme prévu en 2000 !
-       À l’été 2022, la véloroute Léman Mont-Blanc de Chamonix à Annemasse n’est toujours pas terminée. Il manque la section Nangy-Bonneville avec la passerelle sur l’Arve entre Nangy et Scientrier ainsi que la section Marignier-Cluses. La Via-Rhôna entre Locum (St Gingolph) et Thonon n’est toujours pas finie ainsi que la traversée de Sciez.
-       En termes de linéaire cyclable par habitant en Auvergne Rhône-Alpes (en avant-dernière position en France, juste devant l’Île de France), la Haute-Savoie est en 8ème position sur 12 départements, alors qu’il est le 3ème en termes de nombre d’habitants.
-       « Dans un rapport de l’ADEME publié en avril 2020, l’Ademe recommande un investissement de 30€ par an et par habitant [contre à peine 9€/an/hab, selon le rapport (en page 15)], soit environ 2 milliards d’euros par an, pour établir une politique cyclable efficace permettant l’atteinte des objectifs fixés par le Gouvernement. »

 

Action ANV COP21 Vallée de l’Arve - 21 septembre 2022
 
A l'heure de la crise climatique et énergétique, nous avons, plus que jamais, besoin d'un investissement ambitieux pour la mobilité en vélo au quotidien.
Même en prenant en compte le coût maximum de réalisation d’une voie verte (env. 800’000 euros/km), ces 100 millions d’euros permettraient de construire 125 km de voies verte et donc d’atteinte enfin l’objectif de 300km d’aménagements cyclables annoncé il y a 22 ans et ainsi profiter tous les jours aux hauts savoyards !
 
 
Un projet sans aucune concertation et qui bafoue les principes mêmes de la démocratie
Si la délibération votée le 25 juillet dernier par le Conseil départemental ne fait état d’aucun montant ni d’aucune mention du lieu d’implantation des équipements à construire, il ne nous a pas été possible d’obtenir les annexes de cette délibération auprès des services du Département ! Et même si le Président du Département Martial Saddier s’est engagé à faire preuve de transparence à l’issue de l’attribution de la compétition par l’UCI (le 22 septembre), les éléments du dossier restent très opaques.
 
Ce projet d’envergure qui prévoit de mobiliser un investissement de plus de 100 millions d’euros, uniquement pour la Haute-Savoie. En effet, la Région Auvergne Rhône-Alpes et l’Etat mettront aux aussi la main au portefeuille. Et c’est sans compter sur le risque de voir cette enveloppe dépasser les montants annoncés : budgété à 74 millions d’euros, le vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines a atteint 101 millions d’euros !!!!
Rarement une collectivité n’engage de tels montants sans s’inscrire dans une démarche de concertation avec l’ensemble des acteurs du territoire.
Mais au Conseil départemental de la Haute-Savoie, concertation et démocratie ne semblent pas faire partie des principes régissant le fonctionnement de la collectivité.
 
 
En résumé
L’AERE fait partie des opposants engagés pour dénoncer cette utilisation de l'argent public, notre argent, pour un projet digne du 20ème siècle !
A l’heure où on demande de chacun de nous de faire attention à nos dépenses énergétiques, à l’heure où on nous dit que les caisses sont vides, on ne peut pas laisser quelques élus dilapider nos impôts.
Le combat n’est pas perdu et nous avons encore notre mot à dire. D’autres démarches sont encore possibles et les opposants comptent bien continuer de se battre pour défendre ce qu’on estime être l’intérêt du plus grand nombre et non le faire-valoir de quelques-uns.
 
 
Soutien
Pour soutenir le mouvement, les opposants ont besoin de votre soutien :
-       pétition contre la construction d’un vélodrome : Non Au Vélodrome
-       soutien financier des actions des opposants : Cagnotte en ligne
N’hésitez pas à faire suivre le flyer en PJ : il contient les QR codes de la pétition et de la cagnotte en ligne.
Commenter cet article