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AERE, Association Environnement Reignier-Esery

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Grand remue méninges pour la Grand-rue

Publié le 7 Décembre 2021 par Phil Chloro

La municipalité a mené cet automne une concertation avec quelques reignerand-e-s volontaires, dans le but d'affiner ses projets de réaménagement du pôle-gare et de la Grand-rue de Reignier. L'AERE en était.

Concernant la Grand-rue, les avis exprimés esquissent une rue avant tout apaisée et plus accueillante pour les piétons. Tout le monde s'accordera à dire que cet espace très complexe et difficile à cerner nécessite d'être enfin repensé et embelli!

Durant trois séances d'échanges animées par un professionnel mandaté, nous pûmes discuter entre nous, avec les élus et écouter une professionnelle du bureau Trajéo (mobilités à Lyon). Il fut d'emblée annoncé que la démarche ne visait pas la réduction des quelque 12000 véhicules/jour dans cette rue (contre 2000 rue des Ecoles); il faudrait faire avec.

On peut toutefois supposer qu'une amélioration du partage de l'espace par tous les usagers aboutira forcément à une baisse, au moins marginale, du trafic auto actuel. Si tel n'était pas le cas, c'est que rien d'intéressant n'aurait été accompli dans ce périmètre actuellement dévolu au "tout-automobile"; une conception totalement dépassée. La position de l'AERE, exprimée dans son Plan-vélo, est qu'en dépit du nombre annuel de nouveaux arrivants dans la région et donc d'automobilistes supplémentaires, il faut questionner la légitimité des pendulaires lointains à traverser notre ville, alors que des alternatives existent (D903, autoroute) et qu'il n'y a pas de pertinence à encourager le trafic automobile.

Revenons à la Grand-rue. Hormis la bande de chaussée intouchable de 6 mètres 50, les espaces potentiellement aménageables varient beaucoup en largeur (en bleu sur le plan ci-dessous). Il est clair que pour caser des pistes cyclables, de la végétation, des places d'arrêt-minute et des espaces conviviaux dans une rue de 12 mètres de largeur, l'on devra faire des choix douloureux, faute d'espace.

Afin de gérer le trafic et de sécuriser les traversées piétonnes, l'adjonction de deux plateaux surélevés et d'un feu tricolore "intelligent" fut proposée. Le choix des revêtements de sol fut également soulevé car plusieurs participants déplorent le "tout-bitume" de notre centre-ville et en effet, de nombreux exemples de requalification d'espaces soignés et inspirants existent ailleurs.

 

Grand-rue sans pistes cyclables (r. de Morlange à gauche). Les surlargeurs aménageables sont en bleu.

 

Une rue, ce sont aussi les bâtiments qui la composent. Comment mettre en valeur l'identité de Reignier, avec ces façades apparemment de bric et de broc? A y regarder de plus près, certaines portions de la rue, certains groupes de maisons gardent un caractère de bourgade qui invite à la convivialité, entre deux séquences de constructions modernes. Serait-ce l'occasion de créer quelques poches plus accueillantes pour la traversée des piétons, voire pour la flânerie? 

 

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Grand-rue nord, avec pistes cyclable et le giratoire de l'église à droite

La question fut posée de conserver ou de classer certaines typologies de bâti afin d'éviter que la Grand-rue ne soit, un jour futur, qu'une ville-dortoir, un chapelet d'immeubles sans âme et sans référence à l'historicité - au passé et à l'évolution de Reignier. Cette réflexion rappelle ce qui fut défini lors de la première concertation sur le Coeur de ville (ancien hôpital et parc de Reignier): sans vouloir tout figer, il faut garder suffisamment de traces du passé pour ne pas oublier qui l'on est aujourd'hui.

De manière inattendue, la troisième séance fut centrée sur la question d'une Grand-rue "avec" ou "sans" pistes cyclables. Devant ce choix insolite, deux sous-groupes de travail sur trois optèrent pour sacrifier le vélo sur l'autel du confort piéton et des espaces verts, ce qui n'avait pas l'air de déplaire aux municipaux présents, qui tentèrent de consoler les "pro-vélos" avec des promesses d'aménagements cyclables dans la rue des Ecoles... 

Ainsi les cyclistes, apparemment moins méritants que d'autres citoyens, accèderaient-ils à la Grand-rue "par derrière", en catimini? Le troisième sous-groupe plaida pour la piste cyclable de chaque côté de la Grand-rue. Sachant que cette option n'est pas possible vers le bas de la rue (les Arcades), où la largeur totale n'est que de neuf mètres, une seule piste cyclable dans le sens de la montée fut proposée, ce qui permettrait de maintenir un accueil des cyclistes sur ce faux-plat, tout en laissant de la place pour les autres fonctions. Ce compromis fut rejeté. Pourquoi? L'argument de Trajéo est que le dénivellé est négligeable, ce qui n'est pas l'avis de tous les cyclistes.

 

 

La suite nous échappe car la réflexion doit continuer entre élus et on peut le regretter. En effet, la question des multiples espaces à repenser n'a pas été détaillée, alors que l'avis des citoyens pourrait être intéressant pour trouver des solutions au casse-tête de la Grand-rue:

Comment aménager le généreux espace devant la maison de retraite? Et celui de la grange Vivian, actuellement en parking? Et l'esplanade devant la boulangerie; pourrait-on réduire un peu le stationnement pour offrir une belle terrasse ombragée? Et où mettre les arbres? 

Ces questions furent à peine évoquées. Peut-être y aura-t-il d'autres séances lorsque certains paramètres auront été fixés? Une visite sur place aurait aussi été intéressante.

 

CONSULTATION DES COMMERçANTS

Entretemps la mairie nous a invités à une séance supplémentaire, dédiée aux commerçants du centre-ville, venus en nombre lundi soir.

Les réactions ne se firent pas attendre, réclamant la fin des voitures qui squattent sans limite les places bleues devant les magasins sans aucune intervention des autorités, ou invoquant la nécessité vitale du stationnement automobile pour accueillir la clientèle... Un classique dans cette branche professionnelle.

L'écoute des commerçants fut toutefois attentive lorsque qu'un participant prit la défense des cyclistes en invoquant les multiples études qui démontrent que la requalification des espaces publics avec redistribution du stationnement automobile produit fréquemment une dynamisation des affaires. Tout le contraire de ce qui est redouté! De même, une part de la clientèle souhaite faire ses achats à vélo et lorsqu'on pense qu'une seule place auto peut accueillir une dizaine de bicyclettes et que les clients à vélo sont plus fidèles, il peut être intéressant d'améliorer leur accueil avec de bonnes accroches-vélo.

"Et  les piétons, alors?", dit une commerçante "ce sont surtout eux que je voudrais voir dans notre rue! "Qu'ils prennent le temps de flâner, on voit personne!" C'est le consensus qui commence à émerger: il faut absolument que cette rue devienne accueillante.

Un embryon de convivialité

En tout cas, notre artère principale sera remaniée et il faudra s'attendre à trois tranches de travaux intenses de six mois chacune, mais pas avant 2023, dixit Mr. Billy Marquet, Conseiller municipal en charge des voiries et mobilités et Mme Virginie Jacquemoud, en charge de l'économie. Plusieurs études doivent être réalisées sur la base des premières options prises. Un budget de deux millions a été avancé, ce qui ne semble pas beaucoup pour une telle artère.

L'AERE reste attentive à ces questions. Soutenez l'AERE!

Ne manquez pas nos prochains articles et bonnes fêtes à tou-s-tes!

 

Une autre Grand-rue quelque part dans la Drôme
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